A lire et voir, sans choir ni mouchoir

P1030563Les amis de l’FMR et de La Dame Blanche ont pu, samedi dernier, vérifier de visu la fantaisie parfois acide qui parcourt tous les romans de Eric Chevillard. Ce fut un beau et doux moment de poésie, d’écoute et d’honnêteté intellectuelle. Sur l’acidité, l’auteur n’est pas homme à rechercher le compromis facile. Ramasser des bois flottants ne constitue pas pour lui une œuvre en soi, tout en reconnaissant que cela a du moins le mérite de nettoyer la plage. Il a même inventé un pays, CHOIR, où les artistes, ces onanistes nécrophiles, sont honnis tout en étant finalement récompensés de leur peine, suivant un rituel sacrificiel, jugez-en : Suspendus par la taille a une corde fixée a un mât, puis poussés avec force contre un mur blanc sur lequel ils s’écrasent et rebondissent une fois, deux fois, trois fois, les artistes ensanglantés exécutent là, avec leurs tripes aussi bien qu’avec leur tête, des fresques qui ne nous laissent pas insensibles. Si elles ne nous tirent pas de larmes non plus.

Mais les artistes de l’éphémère n’ont pas l’épiderme fragile, et pour remercier Chevillard de sa venue outre-rade, ils ont intégré certains de ses écrits et aphorismes dans leurs travaux. L’auteur, qui ne s’y attendait pas, a été touché par la démarche, dont il a apprécié l’humour et l’originalité. Cette exposition, qui a reçu son aval, est aujourd’hui à lire et voir à l’FMR jusqu’au 9 décembre, et si elle ne vous tirera pas de larmes, elle devrait ne pas vous laisser insensibles.

Tous les vendredis, samedis et dimanches, de 10H30 à 12H30, et de 17H00 18H30.

Joël Jouanneau

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ENFANCES

Il faut (parfois) préférer l’assemblage des belles énergies à leur dispersion. Ce sera le cas en Novembre et Décembre où L’Ephémère, La Dame Blanche, et le Service Culturel de la Ville de Port-Louis vont œuvrer et questionner ensemble le mot-clé et singulier de nos vies plurielles : ENFANCES. Lesquelles se déclinent entre l’âge de raison et celui de la déraison, soit de 7 à 107 ans pour peu que l’on veuille bien rester concentrés. Il y aura donc, il y a déjà, quelques invités dûment sélectionnés pour nous aider à nous retourner : le peintre Fabrice Thomas qui occupe tout ce mois et haut en couleurs la Médiathèque Pondichéry, l’écrivain en noir et blanc Eric Chevillard qui s’exilera de Dijon pour disserter avec les clients de notre bien-aimé café-librairie La Dame Blanche, la comédienne Valentine Alaqui qui durant ses heures d’intermittence viendra en résidence en Décembre à L’Ephémère pour y dessiner sans mesure et nous lire de sa belle voix des textes de mon choix. L’ensemble devrait se conclure par une soirée mémorable, le 23 Décembre à La Dame Blanche, où le bon peuple est invité à un Petit Plaisir Partagé, littéraire et arrosé de textes choisis ou que vous choisirez. De tout cela bien sûr on va vite reparler et préciser.

A l’Ephémère, début d’un travail graphique collectif à partir de textes d’Eric Chevillard.

Une des oeuvres étonnantes de Fabrice Thomas, accrochées à la médiathèque Pondichéry.

Simon Augade: le corps à corps avec la matière

A cet instant là -celui de la photographie- c’est un peu « paysage après la bataille » au domaine du Coscro, en Lignol: Simon Augade vient d’y achever ce mercredi la démolition de son travail éphémère.
Le sculpteur plasticien, qui a construit la dernière oeuvre monumentale installée dans le parc de sculptures de Kerguennec (10m sur 10m sur 20m tout de même!), explique sa démarche vendredi 27 à 18h30 dans l’atelier galerie Ephémère. Ceci dans le cadre de la manifestation « Dansons maintenant ».
Pourquoi ce rapport à la danse, au corps? « Quand je construis, répond Simon Augade, il y a un lien évident avec le corps. Je me mets alors dans une relation étroite, un corps à corps total, avec la matière… » Un corps à corps qui implique également le regardeur, puisqu’il peut pénétrer dans certaines oeuvres, ou les escalader, ou encore à tout le moins en faire le tour. Et l’oeuvre répond encore à un autre défi, le rapport avec l’environnement: d’où le côté souvent monumental, et cette impression que c’est le décor, le paysage qui a donné naissance à cette étrange chose.
Quant aux matières qu’il utilise, ce sont des objets de récupération, du mobilier usagé, jeté (« Des matières chargées d’une histoire commune, celle de l’industrie, mais aussi de celle des familles qui les ont utilisées… »)
A l’Ephémère, pour illustrer sa démarche, Simon Augade a déposé quelques sculptures de dimensions plus « raisonnables ». Des objets réalisés de façon pointilleuse avec les matières qui jalonnent son travail : bois de charpente, contreplaqué, plastiques… A voir aussi, bien sûr, les photographies des grandes œuvres construites à Rennes, Bignan, Lignol… Et quelques dessins préparatoires aux réalisations .

Pour en savoir plus, rendez-vous vendredi.

 

 

 

Octobre à l’FMR: les épices, puis l’installation de Simon Augade

Portes ouvertes à l’Ephémère en octobre.
-Le 14, dans le cadre de la semaine des épices élaborée notamment par le CAH et le musée de la Compagnie des Indes, la population est invitée à y amener recettes et plats préparés de 17 à 18h; puis Fabian Müllers réalisera une animation culinaire historique; et dégustation des plats préparés à partir de 19h (Contact: françoise.le-louer@orange.fr).
-Du 23 au 28. Le plasticien-sculpteur Simon Augade -dont on peut voir depuis l’an passé une étonnante oeuvre monumentale au parc de sculptures de Kerguéhennec- sera en résidence au 28 de la Grande Rue: installation-création en direct de 15 à 18h30, puis conférence le 27 à 18h30.

EN MARGE DE TOUTES LES MARGES, MIREILLE SEMRE

A voir à la médiathèque de Port-Louis, jusqu’au 30 septembre, l’exposition de peintures et dessins de Mireille Semré. Une exposition qu’éclaire bien le beau texte -ci-dessous- de Frédérique Hily Maladin, dit lors du vernissage.

On n’aborde pas la peinture de Mireille Semré de façon indifférente ou légère. D’emblée, la dimension tragique de l’œuvre s’impose. En surface, teintes douces, presque fanées, sobriété chromatique. Enveloppe calme. Ce n’est qu’un voile, une épaisseur qui en cache une autre puis une troisième et quelques autres encore. Strates vivantes. Quelque part, un trait, un signe, une griffure écarlate : une interpellation que l’on oublie aussitôt, le sujet se trouve en profondeur. Dessous, il nous attend. Et Mireille Semré nous accompagne vers ce rendez-vous. A la meuleuse, par l’essuyage et les remords, les recouvrements et autres itinéraires de délestage inventés, les couches se révèlent, s’estompent, s’effacent pour laisser poindre l’âme du tableau.
Une recherche dans la matière pour ressusciter l’histoire, la vérité humaine. Des corps disloqués, amputés, incomplets, fugitifs, juste une empreinte. Pas de tête, pas de visage, un contour parfois. Corps anonymes. Ames déracinées, éparpillées, oubliées. Pourtant, elles nous regardent, s’accrochent et nous interrogent. Sans narration ni mode d’emploi, chacun décidera de son cheminement. Mireille Semré ne fait qu’ouvrir les espaces et les pensées.
A travers les trois thèmes exposés ce mois-ci à la médiathèque de Port-Louis « Clins d’œil à Manet Velasquez et Ingres » dans le hall, « Portraits » dans le couloir et « En marge de toutes marges » dans l’auditorium, elle engage le regardeur dans une interaction avec le sujet.
Qui voit ? Qui est vu ?
Relation presque métaphysique émanant d’une démarche expérimentale faite de prises de risque et d’accidents que Mireille Semré ( je la cite) « laisse parler car sans eux on ne peut pas peindre, il n’y a pas de plaisir ni de liberté à la personne qui regarde. C’est de l’exécution ».
Les sentiments ne sont pas dictés, les expressions ne sont pas tracées et étrangement face à ces vides et ces absences ou imprévus, une présence sous-jacente, forte nous envahit. Marque indélébile.

Frédérique HILY MALANDAIN

Un septembre FMR (suite)

Éphémères et belles nouvelles de la semaine :
1 : Cette semaine, dans notre atelier-laboratoire, cerné et entouré par la ronde des 36 femmes croquées par l’artiste Muriel Louette, le Maître Tapissier Daniel Cordeau cornaque 12 jeunes filles de Lorient, en cours de formation. Un apprentissage hors-classe voulu par Zohra Sahli, qui dirige l’association Initiatives au Féminin.

Tissage.06

Tissage.45

2 : Le Dimanche 17 Septembre et dans le cadre des Journées du Patrimoine, Pierre Delgado – lecteur et traducteur de l’oeuvre rare, brûlante, vitale et intense, du poète portugais Alberto PIMENTA – sera accompagné par la voix de Joël Jouanneau et l’accordéon de Dominique Rivière pour une lecture- spectacle de 45 minutes. Cela se tiendra, à deux reprises, dans la Grande Poudrière. A 15h puis 16h30. L’entrée y est libre et gratuite.

UN SEPTEMBRE FMR (Suite)

Ephémères et belles nouvelles de la semaine :
1 : Cette semaine, dans notre atelier-laboratoire, cerné et entouré par la ronde des 36 femmes croquées par l’artiste Muriel Louette, le Maître Tapissier Daniel Cordeau cornaque 12 jeunes filles de Lorient, en cours de formation. Un apprentissage hors-classe voulu par Zohra Sahli, qui dirige l’association Initiatives au Féminin.

2 : Le Dimanche 17 Septembre et dans le cadre des Journées du Patrimoine, Pierre Delgado – lecteur et traducteur de l’oeuvre rare, brûlante, vitale et intense, du poète portugais Alberto PIMENTA – sera accompagné par la voix de Joël Jouanneau et l’accordéon de Dominique Rivière pour une lecture- spectacle de 45 minutes. Cela se tiendra, à deux reprises, dans la Grande Poudrière. A 15h puis 16h30. L’entrée y est libre et gratuite.