MORBIHANIG

C’était jour de tristesse lundi dernier dans le jardin de l’Ephémère imaginé par Natalie Lanson et ses invités: ses ombelles et ses agapanthes furent priées de quitter les lieux, les arbres furent abattus à la hache, et les refuges pour oiseaux dénichés, une politique de la tabula rasa, des visions apocalyptiques, le ciel en versa quelques larmes qui n’étaient pas même de champagne, les quelques 600 personnes venues les voir exprimèrent leurs regrets éternels, ainsi soit-il et merci infini aux artistes.

C’était jour solaire mardi et aujourd’hui où les visages et paysages de le petite mer imaginés par les encres marines de Daniel Cordeau ont investi notre Ephémère, des oeuvres que l’artiste avec sa modestie de légende présente comme les simples études et carnets de ses tapisseries exposées dans la grande poudrière, mais dont je prétends moi, et signe, et persiste qu’elles sont oeuvres de lumière à part entière, et c’est ce dont témoigne leur exposition et vos yeux noirs noisettes ou bleus vous remercieront d’être allés à leur rencontre. JJ

MORBIHANIG (petite mer)

-Tapisseries de Daniel Cordeau dans la grande poudrière jusqu’au 15 août, ouverture et entrée libre 7 jours sur 7 de 15H à 18H30 (déjà plus de 1.500 visiteurs).

-Encres de Daniel Cordeau jusqu’à la fin août à l’Ephémère, entrée libre 7 jours sur 7 de 15H à 18h30.

SOIT DIT EN PASSANT (suite)

Il est parti le Jac, le Bonnaffé, parti après nous avoir tout ébouriffé la tête par sa liberté durant trois soirs d’été et vous lui avez fait fête et cela l’a profondément touché, mais déjà nous devons et allons poursuivre sans lui oui, déjà le 24 juillet arrive et soit dit en passant c’est bien ce vendredi là à 18h et dans le jardin de la médiathèque Pondichéry que je me lance à mon tour dans l’aventure des mots et ces mots seront ceux de Blaise Cendrars et de sa Prose pour le transsibérien et la petite Jehanne de France, et je les aime tant ces mots-là que je les ai appris par le coeur pour vous les confier (un défi que je me suis lancé) et je le ferai avec ce musicien d’ici et d’ailleurs qu’est Dominique Rivière, il sera à mes côtés avec sa guitare et son accordéon pour cette traversée ferroviaire d’une Europe toute en feu et flammes, celle de 1913, mais je m’essoufle à vous écrire sans l’aide d’aucun point pour respirer et c’est pourquoi vous espérant le 24 à nos côtés je m’arrête là. Joël Jouanneau.

Entrées limitées à 50 places respectueuses des conditions sanitaires dues à la pandémie.

Réservations à l’adresse suivante: soitditenpassant2020@gmail.com

IL ETAIT UN JARDIN

Il est aujourd’hui un jardin suspendu où le temps semble s’être arrêté afin de nous permettre de revoir et réentendre la mélodie perdue de notre monde. On y reste sur le seuil à l’écoute de chants d’oiseaux d’autrefois, et on y observe de fragiles herbacées séchées aux noms si compliqués qu’ils se sont cachés dans nos dictionnaires pour éviter d’être atrophiés. Puis, sur la pointe des pieds et tels de grands enfants craintifs qui ont peur de déranger l’harmonie de cet ensemble où des racines de plantes aventurières s’amourachent d’arbres à ce jour non répertoriés, on se risque à pénétrer ce jardin refuge où il nous est possible encore de renouer avec ce dieu oublié du jadis: le silence intérieur, celui qui vous encourage à percevoir dans le détail des choses la magie le merveilleux la poésie, bref, la beauté.

Ce miracle, qui soit dit en passant se renouvelle chaque jour, nous le devons à Natalie Lanson, Alain Le Sueur et Mademoiselle De, et ce jardin d’un art retrouvé, on peut le découvrir à l’Ephémère au 28 grande rue de Port-Louis jusqu’au 2 août.

Infiniment merci à eux, Joël Jouanneau

RAPPEL.- Dans la Grande Poudrière les tapisseries de Daniel Cordeau: Mobihanig tous les jours de 15h à 18h30. Et à la Médiathèque les photographies de Jean-Michel Le Claire jusqu’à la fin août. Deux expositions sur lesquelles on reviendra.

Festival SOIT DIT EN PASSANT: réservations juillet

Chères amies et amis, cette nuit, au coeur de la nuit, une voix m’a gendarmé: elle me mettait en garde sur mon soit disant agenda mental qui ne trompe plus personne et m’a impérativement condamné à être plus précis dans mes imprécisions ce que je m’en vais tenter de faire ici en vous proposant pour juillet les dates suivantes du festival SOIT DIT EN PASSANT.

Et donc:

1: NULLE PART DE PARTOUT:

Le vendredi 10 juillet à 18H dans le jardin de la médiathèque vous pourrez assister à une lecture active et publique de la dernière pièce de mon ami Dominique Richard, admirable texte pour tout public -où deux sœurs une bavarde et une fausse muette- tentent de comprendre le pourquoi de la disparition du jeune Gajick, fable initiatique où l’on marche sur les nuages et où l’on parle la langue des étoiles. 1h en notre compagnie.

2: APRES COVID QUE RESTE-T-IL DE NOS AMOURS?

Les 14, 15 et 16 juillet avec l’auteur acteur musicien Jacques Bonnaffé pour trois solos différents, autonomes et d’une heure chacun, en ch’ti ou en français du 18eme selon ses inspirs et expirs: le 14 juillet à 18h30 dans le jardin de la médiathèque, le 15 juillet à 18h30 au Loïc face à la mer devant la maisonnette aux deux girafes, le 16 juillet à 20h00 dans le jardin de la Dame Blanche.

3: PROSE DU TRANSSIBERIEN ET DE LA PETITE JEHANNE DE FRANCE:

Le vendredi 24 juillet à 18h30 dans le jardin de la médiathèque, poème culte de Blaise Cendrars mis en musique par Dominique Rivière et interprété par Mézigue.

NOTA BENE: le 16 juillet à la Dame Blanche, c’est complet. Pour les autres dates il est impératif, covid 19 oblige, de réserver à l’adresse mail suivante: soitditenpassant2020@gmail.com

Bon ben euh c’était beaucoup de travail pour moi ces précisions, me voilà fatigué et donc je ne vous parlerai des expositions que dans 2 jours, à suivre. Joël jouanneau

LE BEAU JOURD’HUI

Il y a bien longtemps, déambulant en rêve dans un marché de Buenos -Aires, je croisais sur ma route un inspecteur des volailles. Il était devenu aveugle et la seule couleur qu’il avait gardée en mémoire était le jaune. Ce jaune était celui des rayures du tigre qu’enfant, accompagne de sa mère, il aimait contempler au zoo. Et comme je lui demandais s’il savait quel jour nous étions, sa réponse: c’est aujourd’hui hier et c’est demain, troubla à jamais mon rapport au temps. En vérité depuis je ne perçois le tic-tac de la pendule que comme un faux-frère, mais dans l’ordinaire de mes jours il me faut composer avec lui. C’est pourquoi si j’accepte que le jeudi succède au mercredi et précède le vendredi, j’affirme que le jour d’près sera celui du BEAU JOURD’HUI puisque, soit dit en passant, le 4 juillet ouvre le festival de Port-Louis.

Mais que se passera-t-il ce jour-là et maintenant j’improvise, je m’efforce de me mettre à votre place, je vous imagine et donc le 4 juillet:

1: Je passe dans l’après midi au 28 de la grande rue à l’Ephémère, et je découvre le jardin intime de Natalie Lanson et de ses invités, Alain Le Sueur et Mademoiselle De, un jardin fragile du jadis où l’on respire un autre oxygène que celui qui pollue nos têtes.

2: Je fais un petit tour à la Galerie du Coin où je découvre les dernières toiles de miss Muriel Louette (et croyez moi vous ne le regretterez pas ce détour).

3: J’entre à la médiathèque dans le labyrinthe de la mémoire argentique des photographies de Jean-Michel Le Claire.

4: Je me retrouve (si soleil) dans le jardin de la médiathèque ou (si pluie) dans la grande poudrière où là nous attendent acteurs lecteurs auteurs compositeurs musiciens, bien décidés à vous préciser ce qui se passera cet été dans notre cité, mais décidés plus encore et c’est promis à le dire et le faire dans l’allégresse de pensées déraisonnables, de notes funambules, et de mots sans verrous.

Joël Jouanneau

SOIT DIT EN PASSANT

Non non et non, tous les festivals de l’été n’ont pas été annulés, et L’Éphémère étant le partenaire naturel de l’Eldorado, vous voilà invités à participer à son festival SOIT DIT EN PASSANT qui se déroulera du samedi 4 juillet au 10 Octobre et sera animé par plus de quarante artistes professionnels ou non et de toutes générations. Le samedi 4 Juillet, c’est son ouverture et ce sera à 18h dans le jardin de la médiathèque si soleil ou dans la Grande Poudrière si pluie, mais par-delà les caprices du temps, cette ouverture sera garantie toute en fantaisie musique et poésie, et c’est pourquoi vous y serez sans quoi nous serions tristes. Vous pouvez trouvez le programme partout où il se trouve, notamment dans le petit journal mensuel de la ville et sur ce site.

PS : Entrée libre mais COVID oblige, le nombre de places est limité, aussi est-il prudent de réserver à l’adresse mail suivante : soitditenpassant2020@gmail.com

Et dès avant le 4 juillet, quand les portes sont ouvertes à l’Ephémère, à voir les peintures et les feuillages de Nathalie Lanson, les arbres d’Alain Le Sueur, les cabanes d’Olivia De Là…

NOIR sur BLANC, suite

Voici comment l’artiste Claude Péron -dont l’exposition NOIR sur BLANC est présentée à l’Ephémère et ce jusqu’au 13 juin- parle de son travail:

« Ces oeuvres sont le résultat de moments où je mobilise tout mon être dans la solitude d’un appartement situé au dixième étage d’un immeuble où la vue porte loin, jusqu’à l’horizon de la mer. (…) L’espace de la feuille, ou la terre, que je travaille est mon espace de liberté où je suis seul maître: c’est là que je me pose, que je me place en retrait, ou plutôt à côté des turbulences. C’est là que j’ai choisi, que je choisis chaque jour d’exister: c’est une manière de vivre. C’est là que je nais chaque jour à moi-même. Energie, violence parfois, délicatesse, comme cela advient et que je revendique. Voilà ce que je suis. »

Les vendredis, samedis et dimanches de 16h30 à 18h30 et le samedi de 10h30 à 12h30.

NOIR SUR BLANC: l’acte III

Les oeuvres de Claude Péron hélas confinées de trop nombreuses semaines seront de sortie du vendredi 22 mai au dimanche 14 juin et ce sera donc l’acte III de son exposition évolutive NOIR SUR BLANC. On sait depuis lurette que signes, dessins et écrits sont le plus souvent de faux amis, le poète Henri Michaux en savait quelque chose les jours où pour se libérer des mots, ces parfois pesants partenaires, il allait à l’assaut de feuilles blanches avec son amie Plume et son encre de Chine, multipliant les attaques jusqu’à devenir autre, et comme il écrit mieux que moi je le cite: « Il est souvent un peu loin de ma tête, mon corps. Je le tenais maintenant, piquant, électrique. Je l’avais comme un cheval au galop avec lequel on ne fait qu’un. J’étais possédé de mouvements, tout tendu par ces formes qui m’arrivaient à toute vitesse, et rythmées… je leur infusais une inouïe mobilité dont j’étais le double et le moteur, je les mettais sous tension. »
Et si je reprends la plume c’est pour affirmer ici que Claude Péron, du haut de son neuvième étage, explore expérimente elle aussi sa vie en noir sur blanc, danse gicle souffle éclabousse la page qu’elle libère des mots et de la pensée, allant jusqu’à l’épuisement ou l’exténuation, c’est donc bien le corps qui est à l’oeuvre face aux verrous. JJ

NOIR SUR BLANC: acte 2

Changements sur deux murs pour cet acte 2 de l’exposition Noir sur Blanc de Claude Péron;
A voir du 7 au 22 mars les jeudi, vendredi, samedi et dimanche de 15 à 18H; le samedi de 10h30 à 12h30. Et plus, quand la porte est ouverte et la lumière allumée.

NOIR SUR BLANC: les pierres noires et les encres de Claude Péron

Après une longue pratique de l’enseignement et de la photographie, Claude PERON, en 2014, décide de conjuguer le verbe Être à l’Encre de Chine et à la Pierre Noire. Cette gymnastique de l’esprit a ses exigences : une énergie interne et une discipline à toute épreuve, mais elle est économe : son coût se limite à celui de la solitude et du face à face avec la page blanche. Ce qui n’est pas rien, le verbe Être parfois hélas coule ou s’effondre, mais il souffle aussi, gicle, danse et s’envole, se fait transe, musique, riposte, et alors « on a dix bras s’il faut faire front » et « étant seul, on est foule. »
Après six fortes années d’expérimentations, Claude PERON, haut-perchée dans le dixième étage de son atelier-appartement, nous a ouvert ses portes, et ce que nous avons vu fut pour nous événement, et nous a conduit à lui ouvrir celles de L’Éphémère, le temps d’une exposition évolutive dont la clôture aura lieu le 5 Avril. Plutôt qu’un simple vernissage, nous avons choisi de saluer le travail de Claude PERON par plusieurs rencontres littéraires, poétiques et musicales sur lesquelles nous reviendrons. mais qu’il serait sage d’inscrire sur votre agenda.

A voir le samedi de 10h30 à 12h30 en présence de Claude Péron (sauf le 4 avril), et les jeudi, vendredi, samedi, dimanche de 16h à18h30. Et plus quand la porte est ouverte et la lumière allumée…

Contact: claude.perondelorient@laposte.net

. Le 21 février, À 18H, LE VENT DU LARGE mêlera poésie et musique sur le thème de l’exil.
. Le vendredi 6 mars, à 18h30, CONVERSATION 1 avec l’artiste Claude Péron :
. Le samedi 14 Mars. LES TROUÉES POÉTIQUES de Lydia Padellec.
. Le samedi 21 Mars à 20H LES JARDINS SUSPENDUS de Sophie Leispeix et du musicien Xavier.
. Le vendredi 27 Mars, à 18h30 : CONVERSATION 2 avec Claude Péron.

UN VENT DU LARGE

C’est donc vendredi 21, celui qui vient, c’est à partir de 18h, c’est à l’Éphémère ( l’entrée est donc libre ), c’est à l’invitation du VENT DU LARGE, un vent qui nous souffle des mots, des encres de chine et des notes de pure poésie, on y entendra (entre autres) Claude Péron, Diégo Brajerac, Titwann, Guillaume Chartin, Abdoulaye, Jean Rio, et Falmares, ce réfugié poétique dont parle si bien notre Canard Enchaîné(lire ci-dessous) et tout comme moi vous y serez, merci, Joël Jouanneau

A la une du Canard Enchainé du 29 janvier 2020.