de bois de fer de pierre

Deux artistes inspirés de littérature et de cinéma exposent à Port -Louis

des lointains

Après Fausse Piste, une exposition qui porta bien son nom, étant donné les conséquences dues aux périodes de confinement, d’ouvertures et de fermetures, d’alertes et fausses alertes, de résignation et où malgré tout le projet fut maintenu* , nous voilà invités par L’Ephémère et la médiathèque Pondichéry à projeter et donner à voir de nouvelles pistes. L’idée fut d’envisager un prolongement, ‘’une nouvelle saison’’ à ce projet, d’aller voir un peu plus loin.

L’un et l’autre pratiquent le dessin, ce qui les réunit serait une sensibilité aux images, celles qui proviennent de mondes enchevêtrés  appartenant à la littérature, au cinéma, à la peinture, à des histoires lointaines et proches.

Le paysage serait éventuellement un thème sur lequel ils se retrouvent. Paysage dont ils font partie quand ils décident de l’éprouver, de s’y ressourcer et  paysages perçus à travers les images, qu’il s’agisse de motifs constitutifs d’arrières plans de peintures ou de décors de cinéma ; la liste pourrait débuter ainsi : des montagnes et falaises peintes par Giotto et Mantegna, des sentiers aperçus dans les dessins et peintures de Corot, les îles de Böcklin, une mer de glace chez Friedrich, des canyons traversés par les cavaliers de John Ford, des forêts sombres aperçues dans ‘’ Les Nibelungen’’ de Fritz Lang, les icebergs lointains flottant dans les documentaires du commandant Cousteau…

Des Lointains est une fois encore l’occasion de nous retrouver et d’engager un nouveau dialogue où chacun peut livrer ses impressions, des sensations, des idées en cheminement, en connexions tendues.

Christophe Desforges, Guy Prevost

« Mais avec ça, quoi préparer ? Ou bien on va commencer à rôder, à trébucher dans l’irréel avec, de loin en loin, le secours d’incertains repères sauvés par la mémoire, et ce ne sera plus de toute façon qu’une histoire d’ombre entre des ombres ; ou bien si l’on voit assez clair… »

Philippe Jaccottet  ‘Notes du ravin’

*L’exposition Fausse piste s’est tenue du 12 janvier au 9 juin 2020 à la galerie Pierre Tal Coat, Hennebont, nous remercions chaleureusement Fany Gingreau qui avec énergie et conviction a pu maintenir le projet.

Suite amazonienne

Invitation à l’impromptu du samedi 24 juillet 2021

À l’occasion des expositions de Jean-Jacques Dournon suite amazonienne 1 et 2, Véronique Brehier vous invite à venir partager un impromptu qu’elle a préparé avec Féodor Atkine, Nicole Calloch et Joël Jouanneau.

Ensemble, ils nous feront partager la lecture de textes choisis en rapport avec le thème des œuvres présentées : Baptiste Morizot « manières d’être vivant », Hughes Jallon « le début de quelque chose », Pierre Vinclair « la sauvagerie », PatrickDeville « Amazonia » 

Samedi 24 juillet à 18 H 30 dans le jardin de la médiathèque Pondichéry, 57 Grande Rue à Port-Louis.

Entrée gratuite et port du masque conseillé.

Contact au 06 81 04 86 72

Suite amazonienne 1, galerie l’Éphémère,  28 Grande rue

Suite amazonienne 2,  médiathèque Pondichéry, 57 Grande rue

Expositions jusqu’au 8 août à Port-Louis

Le Minotaure est vernis…

Samedi 19 juin, Minotaure éphémère, Ortaire de Coupigny réunissait bon nombre d’invités et présentait son travail, guidant ses hôtes dans le dédale de ses inspirations et commentant les techniques si particulières qu’il a su mettre au point.
Une de ces belles soirées de rencontre et de découverte que nous attendions depuis trop longtemps, animée par les lectures et poèmes de Jean Rio.

LE MINOTAURE éphémère

La technique que j’ai mise au point à base de paraffine me permet d’allier la pratique d’un sculpteur :  bas-relief sculpté, moulage,  gravure, incision, grattage…  avec l’état d’esprit d’un peintre.

Cet âpre combat avec la matière tend vers un seul but celui de la fabrication d’une image, un songe dans lequel notre regard glisse.

Nouveau regard

Notre atelier Éphémère vient de réouvrir ses portes en accueillant les dernières œuvres de Marie Thamin.

Dites-vous bien qu’elles valent plus qu’un détour, elles appellent le temps, l’abandon l’imprégnation du regard, et on ne peut mieux dire sur elles que ce qu’en a remarquablement écrit le poète Alain Le Beuze :

« Elles offrent aux rues cassées un peu d’humanité, le courage de grandir, quand les mots sont encore encombrés des décombres d’hier.Sont posées là dans la fraternité de leurs ombres, unies dans le malheur qui a engendré leur présence, à peine les derniers soubresauts du Minotaure anéanti ».

Jusqu’au dimanche 6 juin inclus. Les vendredi samedi dimanche de 15 à 18h, le samedi matin de 1O à 13H.

Je travaille sur des compositions minimales, des arrangements construits avec des formes simples que je voudrais être des moments de pause. Ici des silhouettes d’architectures, fantomatiques mais présentes, qui restent identifiables et semblent libérées, sans pesanteur, un peu hors du temps et qui s’invitent sans imposer plus qu’il ne faudrait leur présence. Forme et fond ne s’opposent pas de manière tranchée, mais conjuguent discrètement leurs qualités de lumière et de matière. Des décors quotidiens qui paraissent inaccessibles et qui flottent dans l’espace comme des moments d’oubli suspendus. Un monde de proximité qui se dérobe à nous et qui renonce à toute explication.

J’utilise la technique du monotype, qui est un procédé d’impression à tirage unique, qui consiste à encrer directement un support, que j’imprime par pressage manuel ou mécanique sur un papier épais au fond préalablement préparé.

Alors je dois laisser les formes prendre vie, trouver les vibrations entre les couleurs d’une façon aléatoire et singulière  dans un jeu de clair-obscur, et surtout m’arrêter à temps, pour garder les transparences et leur poésie quelque peu énigmatique.

Muriel Louette: des couleurs et du tango

Il se peut que le confinement soit source d’énergie plus que d’anémie. Cela est très rare, certes, mais cela arrive. Et quand cette énergie active et agite la main de Muriel Louette, cela donne à voir des peintures sauvages. On aurait bien tort de s’en plaindre. Et donc on ne le fera pas, non, on s’en réjouira. Ce qu’elle expose à L’Éphémère et à la Galerie du coin était encore, voici peu, dans sa tête et son corps.  À deux doigts de l’implosion. Et l’artiste, acte brutal s’il en est, a ensuite dû explosé ses tubes. Les couleurs ont jailli sur des toiles qui nous sont parvenues pas mêmes séchées.Des toiles et un titre : CAFÉ DOMINGUEZCe titre n’est pas une énigme.C’est une chanson argentine.Ici deux mots sur le tango que Muriel Louette pratique sans réserves. Je les vole à mon maître, Borges : »Nombreux sont ceux qui ont souligné le caractère sexuel du tango Peu ont remarqué son caractère violent. » Et un peu plus loin : »Il ne suffit pas de parler de tango bagarreur. Le tango exprime ce que les poètes ont souvent cherché à dire avec des mots : la conviction que le combat peut-être une fête. »
Et oui, oui trois fois oui, c’est bel et bien à une fête sexuelle et picturale que vous êtes conviés. Jusqu’à la fin Mars. JJ.
Heures minimales d’ouverture : vendredi samedi dimanche de 15h à 17h30 + samedi de 10h30 à 12h30. Téléphone : 06 62 51 16 23

Ho-Hisse

En ces temps gris où chacun avance masqué, il importe de maintenir et préserver son être, et c’est pourquoi l’éphémère a ouvert ses portes à Fabrice Thomas dont le travail offre deux belles raisons d’aller à la rencontre de son cosmos, la première étant la joyeuse évidence de ses toiles qui hissent hautes leurs couleurs et sont d’une technique et d’une précision à couper le souffle. Elles nous font dialoguer avec les chauve-souris qui broient du noir dans nos têtes et nous rappellent que s’il est vrai que la mort se cache parfois au fond du bois, il serait bon d’apprendre le langage des arbres. L’enfance et la poésie y trouvent refuge dans la coiffe de personnages où un esquimau de Santa-Cruz croise un ours qui exprime in english son désir de rester libre, bref c’est une cure de liberté qui rejoint Tristan Tzara affirmant dans son premier manifeste dadaïste, je le cite : l’art était un jeu noisette, les enfants assemblaient les mots qui ont une sonnerie à la fin, puis ils pleuraient et criaient la strophe, et lui mettaient les bottines des poupées et la strophe devint reine pour mourir un peu et la reine devint baleine et les enfants couraient à perdre haleine. Cela pourrait suffire à nous éviter de ruminer notre mal-être mais il est une seconde raison d’aller au 28 Grande Rue de Port-Louis, c’est l’installation en cours de l’artiste qui se compose de slogans vengeurs, lesquels sont autant de mots porteurs de désordres contradictoires, jugez-en par vous mêmes : Demain est annulé… Lacrymocratie participative… La police en tutu… A bas l’extrême centre… C’est l’encre qui doit couler, pas le sang… Arrêtons d’être des copies qu’on forme… Sois jeune et tais-toi… Allah snackbar… La grossesse à six mois… et ces dizaines de slogans qui attendent les vôtres sont perchés sur des piques comme l’on perchait les têtes entre 89 et 93, et s’ils s’ébrouent dans le blanc ouatiné des nuages du ciel, c’est pour nous rappeler que la lumière de l’aube témoigne chaque jour que tout reste possible. Joël Jouanneau
Ouvert en février les vendredi samedi dimanche de 15h30 à 17h30 et le samedi matin de 10h30 à 12h30