LE MINOTAURE éphémère

La technique que j’ai mise au point à base de paraffine me permet d’allier la pratique d’un sculpteur :  bas-relief sculpté, moulage,  gravure, incision, grattage…  avec l’état d’esprit d’un peintre.

Cet âpre combat avec la matière tend vers un seul but celui de la fabrication d’une image, un songe dans lequel notre regard glisse.

Nouveau regard

Notre atelier Éphémère vient de réouvrir ses portes en accueillant les dernières œuvres de Marie Thamin.

Dites-vous bien qu’elles valent plus qu’un détour, elles appellent le temps, l’abandon l’imprégnation du regard, et on ne peut mieux dire sur elles que ce qu’en a remarquablement écrit le poète Alain Le Beuze :

« Elles offrent aux rues cassées un peu d’humanité, le courage de grandir, quand les mots sont encore encombrés des décombres d’hier.Sont posées là dans la fraternité de leurs ombres, unies dans le malheur qui a engendré leur présence, à peine les derniers soubresauts du Minotaure anéanti ».

Jusqu’au dimanche 6 juin inclus. Les vendredi samedi dimanche de 15 à 18h, le samedi matin de 1O à 13H.

REPRISE D’EXPOSITION

Cabanes & Cie

Monotypes de Marie Thamin
à l’éphémère du vendredi 7 mai au dimanche 6 juin 2021

« Je travaille sur des compositions minimales, des arrangements construits avec des formes simples que je voudrais être des moments de pause.
Ici des silhouettes d’architectures, fantomatiques mais présentes, qui restent identifiables et semblent libérées, sans pesanteur, un peu hors du temps et qui s’invitent sans imposer plus qu’il ne faudrait leur présence. Forme et fond ne s’opposent pas de manière tranchée, mais conjuguent discrètement leurs qualités de lumière et de matière, comme par transparence.
Des décors quotidiens qui paraissent inaccessibles et qui flottent dans l’espace comme des moments d’oubli suspendus. Un monde de proximité qui se dérobe à nous et qui renonce à toute explication.

J’utilise la technique du monotype, qui est un procédé d’impression à tirage unique, qui consiste à encrer directement un support, que j’imprime par pressage manuel ou mécanique sur un papier épais au fond préalablement préparé.

Alors je dois laisser les formes prendre vie, trouver les vibrations entre les couleurs d’une façon aléatoire et singulière  dans un jeu de clair-obscur, et surtout m’arrêter à temps, pour garder les transparences et leur poésie quelque peu énigmatique ».

Marie Thamin

Muriel Louette: des couleurs et du tango

Il se peut que le confinement soit source d’énergie plus que d’anémie. Cela est très rare, certes, mais cela arrive. Et quand cette énergie active et agite la main de Muriel Louette, cela donne à voir des peintures sauvages. On aurait bien tort de s’en plaindre. Et donc on ne le fera pas, non, on s’en réjouira. Ce qu’elle expose à L’Éphémère et à la Galerie du coin était encore, voici peu, dans sa tête et son corps.  À deux doigts de l’implosion. Et l’artiste, acte brutal s’il en est, a ensuite dû explosé ses tubes. Les couleurs ont jailli sur des toiles qui nous sont parvenues pas mêmes séchées.Des toiles et un titre : CAFÉ DOMINGUEZCe titre n’est pas une énigme.C’est une chanson argentine.Ici deux mots sur le tango que Muriel Louette pratique sans réserves. Je les vole à mon maître, Borges : »Nombreux sont ceux qui ont souligné le caractère sexuel du tango Peu ont remarqué son caractère violent. » Et un peu plus loin : »Il ne suffit pas de parler de tango bagarreur. Le tango exprime ce que les poètes ont souvent cherché à dire avec des mots : la conviction que le combat peut-être une fête. »
Et oui, oui trois fois oui, c’est bel et bien à une fête sexuelle et picturale que vous êtes conviés. Jusqu’à la fin Mars. JJ.
Heures minimales d’ouverture : vendredi samedi dimanche de 15h à 17h30 + samedi de 10h30 à 12h30. Téléphone : 06 62 51 16 23

Ho-Hisse

En ces temps gris où chacun avance masqué, il importe de maintenir et préserver son être, et c’est pourquoi l’éphémère a ouvert ses portes à Fabrice Thomas dont le travail offre deux belles raisons d’aller à la rencontre de son cosmos, la première étant la joyeuse évidence de ses toiles qui hissent hautes leurs couleurs et sont d’une technique et d’une précision à couper le souffle. Elles nous font dialoguer avec les chauve-souris qui broient du noir dans nos têtes et nous rappellent que s’il est vrai que la mort se cache parfois au fond du bois, il serait bon d’apprendre le langage des arbres. L’enfance et la poésie y trouvent refuge dans la coiffe de personnages où un esquimau de Santa-Cruz croise un ours qui exprime in english son désir de rester libre, bref c’est une cure de liberté qui rejoint Tristan Tzara affirmant dans son premier manifeste dadaïste, je le cite : l’art était un jeu noisette, les enfants assemblaient les mots qui ont une sonnerie à la fin, puis ils pleuraient et criaient la strophe, et lui mettaient les bottines des poupées et la strophe devint reine pour mourir un peu et la reine devint baleine et les enfants couraient à perdre haleine. Cela pourrait suffire à nous éviter de ruminer notre mal-être mais il est une seconde raison d’aller au 28 Grande Rue de Port-Louis, c’est l’installation en cours de l’artiste qui se compose de slogans vengeurs, lesquels sont autant de mots porteurs de désordres contradictoires, jugez-en par vous mêmes : Demain est annulé… Lacrymocratie participative… La police en tutu… A bas l’extrême centre… C’est l’encre qui doit couler, pas le sang… Arrêtons d’être des copies qu’on forme… Sois jeune et tais-toi… Allah snackbar… La grossesse à six mois… et ces dizaines de slogans qui attendent les vôtres sont perchés sur des piques comme l’on perchait les têtes entre 89 et 93, et s’ils s’ébrouent dans le blanc ouatiné des nuages du ciel, c’est pour nous rappeler que la lumière de l’aube témoigne chaque jour que tout reste possible. Joël Jouanneau
Ouvert en février les vendredi samedi dimanche de 15h30 à 17h30 et le samedi matin de 10h30 à 12h30

à l’Ephémère: oeuvres singulières et textes rebelles

Convaincus que la nature a horreur du vide, en ces longues semaines confinées, nous avons choisi de maintenir une minimale activité qui se manifeste par l’exposition sur la vitrine de L’Éphémère d’œuvres singulières et de textes rebelles. Ainsi à Fabrice Thomas a succédé Mireille Semré et voici que Jean-Jacques Dournon se manifeste avec 2 Suites amazoniennes dont les couleurs acides m’ont d’emblée conduit à vous proposer, en lecture, ce brillant petit dizain de Paul Vinclair (extrait d’un livre de poésie titré LA SAUVAGERIE, et que vous pouvez vous procurer à La Dame Blanche enfin ouverte) que voici :

Au lieu de photographier une fleur,
une liane, un colibri, un Koala de beauté
indolente, crains la forêt violente
où tu pénètres par un sentier tordu : fais
plutôt un feu, éloigne-toi par cercles concentrés
jusqu’à la civilisation de feuilles écrasées,
là, déchirées, mortes : c’est d’ici que tu viens
-maintenant essaie d’échapper aux flammes
qui roulent, te rattrapent, effaçant le massif
inviolé des arbres, et ton chemin.

Et cela ne saurait tarder, nous serons prochainement autorisés à la réouverture des portes de notre atelier-laboratoire, remis à neuf entre temps sous la férule d’Alain Le Sueur que je tiens ici-même à remercier.
Joël JOUANNEAU

RAD’ART: à l’Ephémère aussi…

Ce prochain week-end, 38 ateliers d’artistes et lieux d’exposition ouvriront leurs portes à Locmiquélic, Port-Louis et Riantec pour Rad’Art.

Parmi eux, l’atelier-galerie Ephémère, confié jusque fin octobre à Titwann powète et Joël Jouanneau passeur de mots. Dans un décor mis en scène par Alain Le Sueur, on pourra lire des textes écrits sur un mur de couleur. Lire aussi des affiches de poésie de Titwann, Pablo Neruda, André Sala et d’autres. Contempler aussi les arbres étonnants d’Alain le Sueur.

SILO &CO

Ce soir Lundi 14 Septembre à 20h30 à l’Éphémère, le portrait radiophonique d’un imprimeur-éditeur-typographe, Jean-Claude Bernard, qui est l’hôte des résidences Silo dans le Gard.

Demain Mardi 15 septembre à 20h30 et toujours à L’Éphémère  :Et finalement on s’arrête là ?, documentaire sonore de 25 minutes réalisé à partir d’enregistrements des manifestations et assemblées du mouvement des Gilets Jaunes

et plus encore :Mercredi 16 Septembre à 20h30 mais cette fois dans la Grande Poudrière, une écoute accousmatique de 40 minutes, création de MTUA dont nous avons eus déjà deux aperçus qui nous ont permis de mesurer la force et la singularité.

C’était imprévu, certes et sans doute avez-vous, vous, prévu un tout autre programme, mais si votre curiosité et votre agenda vous le permettent, soyez des leurs, ils ne vous en voudront pas.
L’entrée est libre bien sûr. Et les masques autorisés.
Joël Jouanneau

Ils ont une revue dont le dernier numéro a pour thème le mot : Dispersion. Et de fait ce jeune collectif d’artistes se disperse afin de pouvoir mieux se retrouver mais – soit dit en passant – leur résidence à L’Éphémère se termine vendredi. J’en suis un peu désolé, je m’étais habitué à leur présence. Et sans doute que vous aussi. Éditeurs, auteurs, compositeurs, musiciens, Ils font aussi leur pain et de gourmands gâteaux qu’ils offrent, bref ils réinventent chaque jour le verbe Être et nous ont déjà fait nombre de cadeaux durant ce festival. J’ai beaucoup appris d’eux, cela est certain, et peut-être ont-ils beaucoup appris de moi, je ne sais pas mais l’amitié est là, libre et forte.Or, avant de partir et afin d’être sans regrets, ils ont décidé de trois soirées d’écoutes imprévues, les voici :

Ce soir Lundi 14 Septembre à 20h30 à l’Éphémère, le portrait radiophonique d’un imprimeur-éditeur-typographe, Jean-Claude Bernard, qui est l’hôte des résidences Silo dans le Gard.

Demain Mardi 15 septembre à 20h30 et toujours à L’Éphémère  :Et finalement on s’arrête là ?, documentaire sonore de 25 minutes réalisé à partir d’enregistrements des manifestations et assemblées du mouvement des Gilets Jaunes

et plus encore :Mercredi 16 Septembre à 20h30 mais cette fois dans la Grande Poudrière, une écoute accousmatique de 40 minutes, création de MTUA dont nous avons eus déjà deux aperçus qui nous ont permis de mesurer la force et la singularité.

C’était imprévu, certes et sans doute avez-vous, vous, prévu un tout autre programme, mais si votre curiosité et votre agenda vous le permettent, soyez des leurs, ils ne vous en voudront pas.
L’entrée est libre bien sûr. Et les masques autorisés.
Joël Jouanneau

DES HEURES AUX ARRÊTS

« Il serait bien extraordinaire que des milliers d’événements qui surviennent chaque année résultât une harmonie parfaite. Il y en a toujours qui ne passent pas, et qu’on garde en soi, blessants » : ainsi parlait au sortir de la guerre, en 1946 le poète Henri Michaux, et d’ajouter :
« Une des choses à faire : l’exorcisme, réaction en force, en attaque de bélier, réaction qui est le véritable poème du prisonnier. »

Nous ne sommes pas au sortir de la guerre, non bien sûr, et loin s’en faut ; nous vivons cependant une année que nous garderons en nous, et qui n’est pas terminée. Or il se trouve que le poète Gwenael De Boodt, prisonnier dans un théâtre de la banlieue de Rennes qu’il a construit de ses mains, a écrit durant le confinement, et toujours vers minuit, des poèmes de guerrier avec ruses, exaltation et martèlement des mots, afin d’exorciser ses colères douleurs et blessures. Au final, des textes splendides et libérateurs . Les ayant reçus, bouleversé je l’ai invité pour notre festival et lui ai demandé si je pouvais les lire, ces poèmes, les lire avec lui, et il m’a dit oui. Ce sera dans le jardin de la médiathèque Pondichéry demain samedi 12 à 18H, l’entrée y est libre, il y fera beau et nous serons accompagnés, durant cet impromptu, de la violoncelliste Hélène Bass et des créations sonores du collectif Silo.
Bienvenue, Joël Jouanneau

MAI 68 AUSSI LOIN…

Dans deux jours, vendredi donc, le poète Marc Delouze sera parmi nous, il nous faut nous en réjouir et en voici le pourquoi :
Fondateur des Parvis Poétiques de Paris, auteur d’une quarantaine de livres et recueils, invité pour des lectures concertantes aussi bien en Chine,
qu’en Inde, en Centrafrique, ou en Serbie, il est celui qui sait fermer les yeux sans baisser les paupières et c’est le monde qui parle à travers lui :
L’obscurité des premiers temps était un sac fermé où les hommes tapis dans l’obscurité du monde fouillèrent avec leurs doigts chercheurs,
et ses doigts depuis n’ont cesse de placer les mots là où il faut
là où les lampes grésillent et la pensée avec elles
bref il écrit
et donc il sera là vendredi à nous lire son dernier texte
Mai68 aussi loin que possible ouvrage d’un écorché toujours à vif
acte poétique et théâtral qu’il nous fallait accueillir iciici à Port-Louis oui où nous avons et les pavés et la plage.
Vendredi 11 septembre à 18H Jardin de la médiathèque PondichéryLecture par Anne Beaumont, Marc Delouze et Joël Jouanneau. Durée : 50 minutes. Entrée libre.
Réservations à l’adresse mail suivante : joeljouanneau@wanadoo.fr

PS  : l’adresse soitditenpassant2010@gmail.com n’est plus valable.