Calendrier d’été à l’Ephémère

Le collectif d’artistes de L’éphémère propose à Port-Louis, dans le cadre de son festival Avis de recherche (S) six impromptus chantés, interprétés, lus, peints et arrosés, dont voici les dates :

. Samedi 29 Juillet à 18H, au siège de L’éphémère, le peintre Yo Weber réalisera en public une performance picturale.

.Vendredi 4 Août à 18H :  A MOTS DECOUVERTS, ou comment conjuguer au futur immédiat et participatif le verbe débattre. Quand la philosophie, la poésie et la littérature oeuvrent ensemble à une éthique de la discussion. Dans le jardin ombragé de la Médiathèque Pondichéry. Entrée libre.

. Mercredi 9 Août, à 20H30 : KANDITERRA, chants corses et bretons, avec la participation de Morwenn Le Normand et Son Ar Leurenn. Grande Poudrière, 10 Euros.

. Samedi 19 Août, à 20h30 : DERNIER RAIL, lecture dans la Grande Poudrière d’une pièce de théâtre inédite de Joël Jouanneau, par Jean Le Scouarnec et Caroline Bonis. Entrée libre

. Vendredi 4 Septembre à 20h30 : RONCE-ROSE, lecture par Anne Caillère d’une adaptation du dernier roman de Eric Chevillard, adapté pour la scène par Joël Jouanneau. Grande Poudrière. Entrée libre

. Dimanche 17 Septembre : à 16h, ALBERTO PIMENTA, hommage appuyé et largement mérité au poète portugais, traduit et lu par Pierre Delgado, assisté de Joël Jouanneau. Grande Poudrière dans le cadre des journées du Patrimoine. Entrée libre.

Ajoutons que dans la médiathèque Pondichéry, à L’éphémère et à L’eldorado on pourra voir des peintures et photographies de Jacqueline Jouanneau, Muriel Louette, Emmanuel Madec, Bob Nicol & invités.

OBÉIR A L’ŒIL

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OBÉIR A L’ŒIL

« Tu as beaucoup de chance de servir de sentinelle à cette exposition », voilà,

depuis deux jours, ce que je ne cesse de me dire, tout en lisant ou écrivant sous

le regard des peintures de Muriel Louette. Chance encore que d’écouter ou

converser avec les visiteurs de passage, souvent enthousiastes, parfois hostiles,

toujours intranquilles face à ces œuvres, mais n’est-ce pas là, l’intranquillité, ce

que nous demandons à l’art quand nous venons à sa rencontre, n’est-ce pas pour

nous y voir de plus près ? Au fil des heures, il m’est apparu que cet inconfort qui

est le nôtre provient de la double mise en abîme opérée par la peintre et je

voudrais ici en proposer le pourquoi.

Professeure à l’école des beaux-Arts de Lorient, Muriel Louette rend compte

d’une année de travail où ses élèves furent ses modèles, comme en attestent les

titres de ses toiles : Peindre debout pour le recul, Cours sur la transparence, Sur

le motif, La question des couleurs sombres etc… Tout semble confirmer cette

seule et simple lecture, et le regard du maître se veut alors aigre-doux, curieux

mélange d’empathie, de tendresse, mais aussi sourde envie de les secouer, ces

élèves, de les voir attaquer la toile plutôt que de rester hébétés face à elle. Rien

que pour eux, c’est une belle leçon de choses que ces visages parfois flous, le

plus souvent fantomatiques, et qui nous disent l’amour de l’étude et aussi leur

peurs et inquiétudes devant l’inconnu. Je peins l’impossibilité de peindre,

écrivait Bram Van Velde, objectif il faut dire plus aisé à proclamer qu’à

atteindre.

Mais les regardeurs, dont je suis, savent bien que s’ils sont en déséquilibre, c’est

d’être souvent regardés par tel ou tel modèle qui semble, lui, nous avoir à l’œil,

comme on dit, et nous renvoie par là même à nos propres interrogations.

L’atelier devient alors radeau, salle d’opération, ou d’exposition, refuge, prison

ou asile, c’est selon. Et nous voilà alors mis en abîme à notre tour par l’artiste.

Pris et enfermés dans son tableau. Rassurez-vous, ce n’est pas désagréable, et

c’est possiblement salutaire.

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J’éprouve ici l’irrépressible besoin de citer Rainer Maria Rilke : C’est presque

de l’importance d’une religion d’avoir compris ça : qu’une fois qu’on a

découvert la mélodie de l’arrière-plan, on n’est plus indécis dans ses mots ni

obscur dans ses décisions. C’est une certitude tranquille née de la simple

conviction de faire partie d’une mélodie, donc de posséder de plein droit une

place déterminée au sein d’une vaste œuvre où le plus infime vaut exactement le

plus grand. Ne pas être en surnombre est la condition première de

l’épanouissement conscient et paisible.

A l’Eldorado, 28 rue des Dames, Port-Louis. Ouvert du mercredi au

dimanche, de 11h à 13h et de 17 à 19 heures. Jusqu’au 28 juillet.

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Peintures à l’FMR

Mettons de côté la question de l’argent et du marché de l’art. Juste le temps de quelques lignes; Celui de pouvoir interroger, et non juger le travail du peintre. Sa toile ainsi devenue blanche, il se trouve confronté à l’essence même de sa quête, il sait que « la réalité ne se révèle que par un rayon poétique« , il  tient cela de Braque et devrait s’y tenir. Il sait que l’atelier du peintre ou l’établi de celui qui écrit n’est ni un prétoire ni un tribunal. Il souhaiterait même n’avoir à répondre que de ses rapports de couleurs, d’espaces, de figures, mais il est des circonstances où il ne peut ignorer que, les frontières n’étant pas à la craie, les murs en carton-pâte, les balles en caoutchouc et les morts des mannequins de cire, il lui faut se frotter à la violence de l’histoire. C’est là le sens du cri de la seconde partie de la phrase de Braque : « Tout est sommeil autour de nous. » Il peut alors se tourner vers ceux qui, avant lui, de Goya à Picasso, du Caravage à Bacon ou Rebeyrolles, ont pris le risque de s’engager et s’aventurer sur le terrain miné de l’engagement.

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Mireille Semré s’inscrit dans ce mouvement là et son exposition à L’éphémère, qui se termine le 14 juillet prochain, en témoigne. On peut y voir notamment une grande pièce composée de six fragments où, par les moyens propres à la peinture, et au travers d’une réflexion sur le cheval, l’ensemble est le miroir poétique de la brutalité de ce que nous vivons aujourd’hui. Cette oeuvre, si l’époque était un tant soit peu raisonnable, trouverait sa place au musée d’art moderne de la ville de Paris. Je n’irai pas plus loin ici, je ne veux pas souligner le silence qui fut le mien en regardant cette toile, et je ne veux que vous inviter à faire cette expérience : venir à l’éphémère et vous asseoir, ne serait-ce que cinq minutes, dans un fauteuil et d’écouter ce que la toile va vous dire.

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Peintures © Mireille SEMRE, détails

« Et en même temps »

« Et en même temps » (marque déposée) que notre nouvelle Assemblée Nationale s’interrogeait à Paris pour savoir comment faire respecter la parité H/F quand il n’est qu’un seul poste à pourvoir au perchoir, le collectif L’EPHEMERE avait clairement fait son choix en demandant à trois femmes d’ouvrir son festival estival, AVIS DE RECHERCHE(S), en exposant à Port-Louis, en trois lieux et en toute liberté, le fruit de leurs dernières enquêtes picturales. Elles ont pour nom Jacqueline Jouanneau, Muriel Louette, Mireille Semré, et en commun une même foi inébranlable en la peinture.

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Cela est si vrai que si elles venaient à la perdre, cette foi, on les imagine mal faire autre chose. Qu’elles aient choisi la peinture ou que la peinture les ait choisies, somme toute peu importe, les toiles parlent pour elles et nous disent l’intime de leurs regards, du cri au murmure, et cela avec souffle et énergie. Trois univers à vif qui se croisent et conversent. On vous en reparlera. Mais en attendant, venez les retrouver le vendredi 7 Juillet à 18h30 à la Médiathèque où vous êtes invités.

Mireille Semré expose à l’éphémère ( 28 Grande Rue, jusqu’au 14 juillet inclus ),

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Muriel Louette à L’Eldorado (28 rue des dames,jusqu’au 23 juillet inclus )

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Jacqueline Jouanneau à la médiathèque Pondichéry, Grande Rue, jusqu’au 31 Août inclus.

AVIS DE RECHERCHE (S)

AVIS DE RECHERCHE (S)

L’été 2017 devrait raisonnablement être tout aussi éphémère que celui des années qui l’auront précédé. S’il est amorcé depuis le récent décès musical du printemps, il devrait, selon toute vraisemblance, se prolonger jusqu’à l’amorce du prochain automne. Et ce, que le ciel soit solaire ou d’un gris cendré. Dès lors, la question que tout un chacun est en droit de se poser peut se résumer en ceci : que faire du trimestre en cours ?

Afin de limiter les possibles effets vertigineux d’une telle interrogation, et considérant que chaque tête est une mappemonde, L’éphémère vous propose durant l’été un voyage immobile à la fois  économique, puisque gratuit, et on ne peut plus écologique – son seul carburant étant l’imaginaire des artistes du collectif et de leurs invités. Il fallait à toutes ces mésaventures estivales, et après une année où bien des certitudes se seront enlisées, un titre buissonnier. Le comité central de L’éphémère s’est alors réuni en assemblée plénière durant trois jours et c’est AVIS DE RECHERCHE(S) qui, sans recours possible, fit l’unanimité.

De Juillet à fin septembre, les pinceaux croiseront donc des mots acryliques, les pastels composeront des notes de musique à huile, et les alexandrins apprendront à claudiquer s’il le faut pour enjamber le monde du Grand Jourd’hui. Cela se déroulera au siège de l’Ephémère, 28 Grande Rue, à la Médiathèque Pondichéry, quelques numéros impairs plus loin,  à l’Eldorado, 28 rue des dames et dans la Grande Poudrière, rue des Remparts. Pour en savoir un peu plus sur les horaires et le programme précis, le mieux est de consulter notre site, la presse locale ou les fameuses bouches à oreilles de Port-Louis. Bref, à suivre.

Joël Jouanneau.

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Un impromptu

Chers amies et amis,
Les Rita Mitsouko nous ont fait, tous et toutes, chanter en chœur que les histoires d’amour, hélas, ça finissait mal en général, mais il est heureusement de nombreuses exceptions pour infirmer cette règle néfaste et source de bien trop de larmes. Ainsi l’ami Jean Rio vient-il de squatter durant cinq semaines, avec la ferveur  qui est la sienne la Médiathèque Pondichéry et L’éphémère – poèmes et photographies à l’appui. C’en sera bientôt fini, oui, mais c’est sans tristesse aucune et avec amour qu’il nous prépare un moment de grâce pour conclure cette belle aventure. Il a même constitué pour ce seul moment un nouveau groupe alternatif, poétique et musical, Les éphémérios, qui se dissoudra joyeusement dans la nature le soir même. Cet impromptu nous sera offert le Vendredi 16 juin à 18h au siège de l’FMR, 28 grande Rue, à Port-Louis. Vous, tout comme moi, avons tout à gagner à venir les entendre, et c’est pourquoi nous y serons.
Nous irons même jusqu’à vous informer de ce qui vous attend tout l’été.
Joël Jouanneau

Exposition Jean Rio

Jean Rio est un poète, voilà qui parfois agace et irrite. Il est vrai que le mot est

lourd à porter, il semble arrogant, fier, altier et, depuis le 19 ème , il habille notre

imaginaire en redingote, écharpe rouge et chapeau noir, pas étonnant donc qu’il

soit plus facile de se dire menuisier ou vitrier. Cependant, Jean Rio est un poète,

oui, je l’affirme, il travaille le verbe comme d’autres le bois ou le verre, en toute

simplicité.

Jean Rio ne fait pas qu’arpenter la page blanche, il marche aussi de par le

monde, et le rencontrer c’est tout d’abord lui demander d’où il nous arrive, de

la Grèce ou du Mexique, et parfois il vous dira que c’est du bout de la rue, peu

importe, il est toujours en quête de visages et de paysages qu’il se plaît à

photographier.

Jean Rio est ce que j’aime à nommer un honnête homme. Voilà qui peut encore

agacer ou irriter. A quoi le sait-on ? A son regard et à sa poignée de main.

L’honnête homme est rare dans le monde d’aujourd’hui où, hélas et trop

souvent, prévalent brutalité, rapacité et cynisme. Il faut parfois bien du courage

pour rester ce qu’il est, mais par son exemple, du courage, il nous en donne.

Joël Jouanneau

Expositions de textes et photographies de Jean Rio à L’Ephémère et à la

Médiathèque Pondichéry jusqu’à fin Mai.

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